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Déclaration
visant ladoption par lOMC de règles justes et équitables
en matière de commerce agricole - 25 octobre 2002
Nous, les soussignés, représentons les dirigeants d'un
vaste groupe d'organisations agricoles d'optique commune de tous les coins
du globe qui réclament l'adoption par l'OMC de règles internationales
justes et équitables en matière de commerce agricole.
Il doit s'agir de règles claires, justes, efficaces et équitables
qui amélioreront le fonctionnement des marchés internationaux
et intérieurs et les revenus des agriculteurs. Ces règles
et normes doivent s'appliquer à tous les pays et, en conséquence,
instaurer un cadre de « commerce loyal » de même que
des règles du jeu équitables dans le secteur de l'agriculture.
Il faut également bien tenir compte des conditions naturelles et
structurelles propres à chaque pays et de l'obligation qui est
faite à chacun d'assurer la sécurité et la salubrité
alimentaire de sa population. Chaque partenaire commercial doit donc avoir
le droit d'adapter sa politique agricole dans le cadre des règles
commerciales établies par l'OMC. Par ailleurs, ces règles
doivent permettre aux agriculteurs d'adresser leurs préoccupations
particulières quant au pouvoir qu'ils exercent sur le marché
et le déséquilibre qui existe entre les intervenants de
la chaîne de commercialisation. Ces règles doivent également
adresser les difficultés particulières des pays en développement
qui n'ont pas les ressources pour se protéger contre les instabilités
du marché mondial dans le développement de leur politique
agricole.
L'agriculture n'est pas un secteur industriel comme les autres. Il diffère
de la production de biens industriels à plusieurs égards,
comme en atteste l'Accord du Cycle d'Uruguay où on fait la distinction
entre l'agriculture et les biens industriels. Le bien-être de gens
dans tous les pays du monde tient à un approvisionnement constant
et fiable d'aliments sains - l'une des nécessités de la
vie. Les agriculteurs ne peuvent aisément cesser et relancer leur
production agricole. Règle générale, lorsqu'une terre
n'est plus destinée à la production agricole ou lorsqu'un
agriculteur cesse de pratiquer l'agriculture, c'est pour toujours.
Les fermes de propriété et d'exploitation familiales sont
les fondements du système agricole et elles jouent toujours un
rôle crucial dans la production de fibres et d'aliments sains et
à prix abordable. La prospérité des communautés
rurales tient à la présence d'exploitations agricoles familiales
solides, les communautés rurales jouant un rôle crucial dans
le bien-être économique et sanitaire de l'économie
des pays.
L'agriculture assume aussi une multitude de fonctions, tant dans les
pays développés que les pays en développement, dont
la création d'emplois en milieu rural, l'amélioration de
la sécurité alimentaire, l'amélioration de la conservation
des sols, la protection du patrimoine culturel, le renforcement de la
viabilité économique des régions rurales, la prévention
des risques naturels, la préservation des paysages ruraux, l'amélioration
de la biodiversité et l'amélioration de la gestion des eaux.
En particulier, l'agriculture est un facteur crucial pour le maintien
de la stabilité sociale et politique ainsi que la croissance dans
les pays en développement.
La façon d'aborder la réforme commerciale et le développement
de règles commerciales justes doit être équitable. Elle
doit respecter les préoccupations domestiques des agriculteurs et
rencontrer les besoins des agriculteurs dépendants des exportations
et améliorer les opportunités d'exportation et les assurances
que toutes formes de mesures, qui peuvent avoir des effets de distorsion,
soient assujetties à la discipline de l'OMC.
De nombreuses façons, les règles régissant le commerce
agricole international vont à l'encontre des intérêts
de tous les agriculteurs mais favorisent certaines entreprises agroalimentaires.
En vue de faire la promotion de l'équité, de l'impartialité,
de la stabilité et de la transparence, l'OMC doit se pencher sur
les iniquités non seulement entre les pays développés
et en développement, mais aussi entre les agriculteurs, les entreprises
agroalimentaires et les détaillants de produits alimentaires. Les
préoccupations des consommateurs doivent être adressées
en donnant accès à l'information appropriée sur les
produits agricoles. Afin de contrer les effets de distorsion et le recul
des prix mondiaux des denrées de base résultant d'un déséquilibre
qui caractérise l'exercice du pouvoir par les divers intervenants
de la chaîne de commercialisation. L'OMC doit garantir que les gouvernements
pourront accroître les pouvoirs des organisations coopératives
de producteurs ou des organisations de mise en marché afin de gérer
la production intérieure et de commercialiser collectivement les
produits agricoles pour contrer le pouvoir exercé par d'autres
intervenants sur le marché doit être reconnu et sanctionné
par l'OMC. Nous estimons, dans certains cas, qu'une meilleure gestion
de la production permettrait de résoudre des problèmes propres
au commerce mondial des produits agricoles.
L'Accord du Cycle d'Uruguay a constitué un virage important au
titre de la démarche à
emprunter quant aux politiques nationales en matière d'agriculture
et de commerce agricole, virage exigeant des engagements considérables.
Le résultat concret fut l'établissement, pour la première
fois, de règles en matière d'agriculture. Certains agriculteurs
ont bénéficié d'accès au marché amélioré
pour leurs produits alors que les autres ont dû composer avec des
fluctuations appréciables des prix alors que l'offre et la demande
ont peu évolué. Il s'ensuit que les agriculteurs ont éprouvé
énormément de difficulté à tirer un revenu
suffisant du marché et qu'ils ont dû faire davantage appel
à leurs gouvernements pour obtenir du soutien financier créant
ainsi une plus grande relation de dépendance. Enfin, un grand nombre
d'exploitations familiales efficaces ont dû composer avec des situations
économiques intenables, ce qui s'est traduit par un déclin
encore plus marqué des communautés rurales. En outre, certains
pays doivent composer avec un déficit commercial accru et miser
davantage sur les importations pour combler leurs besoins en denrées
alimentaires de base, réduisant d'autant leur niveau de sécurité
alimentaire.
Vu les grandes différences au plan social, économique et
géographique qui caractérisent les pays du monde entier,
il s'impose qu'il faut se donner un vaste éventail de modèles
de production agricole, comme en témoigne la diversité des
propositions en matière d'agriculture présentées
à l'OMC. Promouvoir la coexistence de plusieurs modèles
agricoles bien adaptés aux circonstances locales permettra de renforcer
l'industrie de l'agriculture partout au monde. De plus, les pays en développement
doivent obtenir un traitement spécial et différencié
adéquat et efficient prenant en compte le faible niveau de développement
et le manque de ressources dans le secteurs agricoles.
[en haut]
En conséquence, nous exhortons l'OMC et ses pays Membres à
examiner les réalités et les principes suivants, à
leur donner priorité dans le cadre des négociations et à
les porter dans la prochaine version de l'Accord sur l'agriculture de
l'OMC en vue d'améliorer le bien-être des agriculteurs et
des communautés rurales du monde entier.
Principes directeurs
1 - Le présent cycle de négociations multilatérales
de l'Organisation mondiale du commerce doit procurer des résultats
positifs aux agriculteurs du monde entier.
2 - La poursuite des négociations commerciales en agriculture
doit mener à un meilleur fonctionnement des marchés nationaux
et internationaux des produits agricoles, notamment par la mise en marché
ordonnée (gestion de l'offre, discipline de production, etc.) et
contribuer à l'amélioration des revenus individuels et collectifs
des producteurs agricoles.
3 - L'OMC doit servir de principale tribune pour l'établissement
de règles commerciales justes et efficaces.
4- Les résultats des négociations agricoles de l'OMC doivent
autoriser la coexistence, dans tous les pays, de diverses formes d'agriculture
et de diverses formes de systèmes de commercialisation.
5 - Les provisions relatives au traitement spécial et différencié
doivent être suffisamment flexibles pour permettre au pays en développement
d'adresser leurs préoccupations de sécurité alimentaire,
pauvreté, développement rural et autres préoccupations
dans les domaines de l'accès aux marchés, soutien interne
et subventions à l'exportation. Il peut y exister un besoin de
varier le niveau du traitement spécial et différentiel en
fonction du niveau de développement du pays. Des critères
clairs et objectifs devraient être établis pour identifier
le niveau de développement afin de déterminer quels pays
et secteurs sont admissibles au traitement spécial et différencié.
Tous les efforts doivent être faits pour s'assurer que les producteurs
eux-mêmes bénéficieront du traitement spécial
et différencié.
6 - Tout nouvel engagement résultant des négociations en
cours doit être mis en oeuvre de façon progressive en conformité
avec l'esprit de l'article 20 de l'Accord sur l'agriculture de l'OMC.
7 - Par contraste aux secteurs industriels qui ont pour objet d'améliorer
ou de maintenir la qualité de vie, l'agriculture est un secteur
essentiel à la vie humaine. Par conséquent, on ne peut traiter
l'agriculture de la même façon que les secteurs industriels.
8 - L'une des spécificités de l'agriculture est le besoin
de réduire la volatilité des marchés. Ainsi, il est
nécessaire d'assurer un bon fonctionnement du système des
contingents tarifaires, permettant à la fois un niveau minimal
d'accès aux marchés et la prévisibilité des
importations, tout en fournissant aux membres de l'OMC, particulièrement
aux pays en développement, la possibilité d'établir
et de maintenir des industries agricoles nationales.
9 - Nous appuyons vigoureusement le droit des pays de promouvoir l'agriculture
durable.
10 - Nous attachons de l'importance aux accords sanitaires et phytosanitaires
(SPS), obstacles techniques au commerce (OTC) et l'Accord relatif aux
aspects de propriété intellectuelle liés au commerce
(ADPIC) et sommes favorables à une clarification de la relation
entre l'OMC et les autres organes multilatéraux ainsi que leurs
accords.
11 - Il faut entreprendre des initiatives visant à améliorer
la transparence de l'OMC.
Signée à Genève le 25 octobre 2002 (Version originale
en anglais)
Fédération canadienne de lagriculture
Canada
COPA/COGECA
Union européenne
Icelandic Farmers Union
Islande
JA Zenchu
Japon
National Agricultural Cooperative of Korea
Corée
Norwegian Farmers Union
Norvège
Réseau des organisations paysannes et de producteurs agricoles
de
lAfrique de louest ROPPA
Bénin, Burkina Faso, Côte dIvoire, Gambie, Guinée,
Guinée Bissau,
Mali, Niger, Sénegal, Togo
Sri Lanka Cooperative Marketing Federation
Sri Lanka
Union suisse des paysans
Suisse
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